En tant que parent, vous vous questionnez depuis quelques jours pour savoir si vous allez remettre votre (ou vos) enfant à l’école.

Depuis, dilemme et culpabilité vous ont envahi !

Et oui, car ce serait tellement pratique de les renvoyer à l’école pour enfin avoir le temps de travailler convenablement. Mais en même temps, quel mauvais parent je suis de penser ça. Remettre mon enfant à l’école avec ce risque d’être infecté par le Corona Virus, je suis un parent indigne, égoïste….

Ça vous parle ? Ces pensées vous ont-elles envahi ? et avec elles, un beau sentiment de culpabilité ? 

Êtes-vous embarqué dans la culpabilité de ne pas suffisamment être disponible pour vos enfants et leurs multitudes de devoirs à faire dans cette période de confinement ?

Ou peut-être, vous sentez-vous coupable de ne pas assez travailler, de ne pas avancer comme il le « faudrait » pour faire fructifier votre activité, vos projets professionnels ?

Je vous pose cette question parce qu’en cette période particulière, c’est un discours que j’entends de la plupart de mes clients. J’accompagne beaucoup de professionnels, indépendants pour la plupart, et tous me disent se sentir coupable d’être un mauvais parent qui n’a pas assez de temps pour ses enfants ou une mauvaise professionnelle qui n’arrive pas à travailler comme il se doit et prend du retard sur ses projets.

Alors comment fonctionne ce fichu sentiment de culpabilité ?

Le processus de culpabilité

Au départ, il vous faut une situation, plutôt désagréable et dont vous vous tenez responsable.

Puis, vous rajoutez votre interprétation, négative bien sûr. C’est forcément de votre faute si cette situation est celle-ci.

Vous aimeriez que cette situation soit différente et vous la refusez.

Vous allez alors vous juger, négativement bien sûr et vous donner des coups de bâtons sur la tête (c’est une image bien sûr).

Et que se passe-t-il quand on estime avoir fait quelque chose de mal ? Et bien, on se punit et on s’en veut, voir on ne se pardonne pas. Alors, pour se punir arrive des somatisations diverses voir même des échecs que l’on s’inflige. Et bien oui, parce que l’on ne mérite pas !

Reprenons notre situation de départ.

Je n’arrive pas à avancer comme j’aimerai dans mon travail, avec les enfants à la maison, c’est vraiment le bazar.

C’est de ma faute, je ne suis pas assez concentrée, organisée.

Si seulement ils reprenaient l’école, j’aurais du temps pour travailler

Mais c’est égoïste de penser comme ça !

Honte sur moi qui suis une mauvaise mère (un mauvais père).

Je ne mérite vraiment pas de réussir.

Le processus est en place et vous ne vous en sortirez pas !

Vous avez même l’impression de devenir folle, complètement dissociée, coupée entre être un bon parent ou être une bonne professionnelle et comme vous ne voulez pas choisir (parce qu’il n’y a pas de choix à faire objectivement), vous passez de l’un à l’autre tel le schizophrène qui voit son Moi se séparer de lui-même.

C’est comme si vous aviez 2 Moi, 2 parties qui se séparent et s’opposent pour mieux vous juger et vous maltraiter.

Cette division de soi, avec une partie qui fait quelque chose pendant que l’autre juge et inversement, peut se poursuivre tant que vous n’aurez pas ramener de l’objectivité pour faire la paix avec vos 2 parties intérieures.

Je refuse d’être coupable !

Faire la paix avec vous-même va alors passer par l’acceptation de cette culpabilité. C’est normal et légitime de culpabiliser face à cette situation donc je décide de ne plus lutter contre ce mécanisme en place mais plutôt de l’écouter car la culpabilité vient me dire quelque chose de moi.

 Et oui, elle est utile. C’est ce que l’on appelle le bénéfice secondaire que vous pourrez facilement identifier en vous posant cette question :

Que puis-je tirer comme avantage à ressentir un sentiment aussi désagréable ?

Ce sentiment de culpabilité, si vous l’écoutez, vous alerte et attire votre attention sur le fait que vous vivez un malaise dans cette situation. Vous prenez alors conscience du désaccord intérieur qui se joue en vous et cette prise de conscience est le début du chemin vers un meilleur alignement personnel.

Et puis, rendez à César ce qui appartient à César. Êtes-vous vraiment responsable de tout ? NON

Alors prenez vos responsabilités et gérez ce qui vous appartient mais laissez à l’autre et à la vie ce qui lui appartient. Nous ne sommes pas tout puissant et ne pouvons avoir le pouvoir sur tout.

Ce virus nous le fait d’ailleurs très bien comprendre.

Acceptez-le pour enfin faire la paix avec vous-même et pardonnez-vous de ressentir un tel sentiment.