Victime de violences physiques, sexuelles, psychologiques…

Pendant de très longues années, bien évidemment un psycho-traumatisme s’est installé. Je le considère comme un locataire indésirable et je fais tout pour le déloger.   

La question qui me hante :

La première question que je me suis posée, à mon sens fondamentale pour la suite, même si elle est légitime et terriblement banale c’est : POURQUOI ?  

Ce « pourquoi » qui va devenir envahissant, aveuglant, et là se bouscule une foule d’autres questions :

Pourquoi moi ?

Qu’ai-je dit ou pas dit ?

Qu’ai-je fait ou pas fait ?

C’est l’incompréhension, la culpabilité, les errements sans fin avec des questions sans réponse.

Nous sommes nombreuses dans ce cas-là. On se trouve faible, nulle, sans valeur. On ne s’aime pas, on s’adresse des reproches, on ne fait plus confiance, ni à soi ni aux autres dont le regard nous effraie.

Notre corps est un ennemi. Tout se vit en négatif et très souvent dans une immense solitude, persuadées de n’être pas crues ou comprises. Malheureusement, ce n’est pas toujours faux … La honte aussi peut être de la partie. Bref, ça fait beaucoup !    

La solitude :

Alors, il faut sortir de cette solitude et ça n’est pas toujours facile, c’est souvent compliqué. Il faut trouver LA personne qui va nous croire, celle à qui parler, se confier, qui ne portera pas de jugement, qui va nous accompagner, qui va transformer le désespoir en espoir, qui de solitaires va nous amener à être solidaires.    

Mais au milieu de tout ça, le rôle et la responsabilité de l’agresseur deviennent quoi ? Car C’EST LE SEUL RESPONSABLE, quelles que soient les circonstances qui l’ont amené à une telle violence, IL N’AVAIT PAS LE DROIT.    

Pour ma part, j’ai mis des années avant de le comprendre, de l’intégrer dans mon bon sang de cerveau qui n’ouvrait pas le bon tiroir. Mais une fois la bonne clef trouvée quel soulagement !    

Oui, il est possible de s’en sortir. Rien n’est facile. Mais n’oublions jamais que nous sommes des PERSONNES à part entière. Si  toutes nos souffrances présentent des similitudes, chacune d’entre nous a sa propre histoire, elle est unique, elle lui appartient.  

Je conclue en précisant que mon écrit à un but de solidarité, de partage, qu’il se veut messager d’espoirs. A partir de mon expérience, j’ai posé des mots simples sur des émotions multiples et parfois compliquées.  Oui, j’ai vécu des années écrasée sous un ciel noir, sans voir d’éclaircies, mais le jour où elles ont percé, ma vie s’est teintée de rose. Je vous souhaite de tout cœur que la vôtre aussi se teinte de rose… et tant qu’à faire allons du plus clair au plus foncé, faisons toutes ensemble un joli camaïeu.  

Bien à vous.  

Mathilde  

Un grand merci à Mathilde pour ce texte émouvant et sa contribution sur ce blog 

Séverine, pour exister, oser être soi et briller de bonheur